De la connerie à la bêtise humaine La formation du citoyen
oct 25

Puisque, la dernière fois, j’ai dénoncé la prégnance, en Occident, du logocentrisme, je voudrais profiter de l’occasion pour vous dire quelques mots de l’Homo faber, autrement dit de la façon dont l’homme structure son activité exactement comme il structure sa représentation (sa perception, ou encore son percept) pour en faire du signe. A vrai dire le processus de la rationalité verbale et celui de la rationalité technique sont parfaitement analogues. Qu’est-ce qu’une analogie ? J’emprunterai, pour éclairer la chose, une image tirée de la géométrie plane : sont dans un rapport d’analogie deux figures (par exemple deux triangles) qui sont superposables, sans pour autant être identiques (pensez au papier calque !). J’ai donc affaire à deux triangles parfaitement autonomes, parfaitement dissociables. Eh bien, ici, il faut comprendre que la dialectique de l’abstraction technique est en tout point superposable à la dialectique de l’abstraction verbale, sans se confondre avec elle. Qu’est-ce qui nous autorise à dissocier les deux ? La clinique, tout simplement, qui nous apprend qu’il existe des aphasiques qui possèdent la rationalité technique et des gens qui manient merveilleusement le verbe, tout en n’ayant aucune capacité technique. Cette mise au point étant faite, j’en viens à l’examen rapide du modèle de la rationalité technique.

L’homme, comme l’animal, est capable de traiter naturellement son activité, mais ce traitement naturel ne le fait pas accéder à la technique. Si l’homme arrive à la pensée, c’est qu’il est capable de verbaliser sa représentation, si l’homme émerge à la technique (alors que l’animal n’est pas technicien), c’est parce qu’il est capable de structurer culturellement son activité, activité dont il faut bien voir les modalités.

L’action se fait grâce à la motricité et à l’opération (qui sont tout à fait analogues à la sensorialité et à la perception, s’agissant du verbe). On appelle « paralysies », comme vous le savez, les atteintes de la motricité et « apraxies » les atteintes de l’opération : chez les apraxiques, tout fonctionne, mais dans le désordre, le geste étant réduit à des mouvements involontaires. Enfin, là où nous parlons d’imaginaire (au sens sartrien du terme), à propos du traitement naturel de la représentation (la fonction symbolique que nous partageons avec l’animal), nous parlons d’instinct s’agissant du traitement naturel de l’activité. Il faut comprendre que ce que l’on appelle l’instinct suppose la capacité instrumentale de lier des trajets (et non plus des objets, comme dans la fonction symbolique) c’est-à-dire, finalement, des gestes. C’est ce qui explique qu’un singe utilise un bout de bois pour attraper une banane ou une pierre pour casser des noix ; donc, la liaison du moyen et de la fin est accessible à l’animal. C’est ainsi que s’explique l’instinct animal, et l’apparente complexité de son activité, en particulier chez les animaux les plus faibles chez qui les mécanismes se trouvent tout montés au niveau entièrement physiologique : il s’ensuit qu’il n’y a, chez eux nulle invention.

L’homme, lui, est capable non seulement de lier, comme l’animal, le moyen et la fin, mais encore de structurer l’instrumentation (dont il partage la capacité avec l’animal), pour en faire de l’outil. Prenez garde que ce mot ne peut s’employer au pluriel (pas plus que les mots de signe, de personne ou de norme) : nous ne sommes pas dans la quincaillerie ! L’outil ne se pluralise jamais, car l’outil désigne la capacité structurale que nous avons d’analyser et le moyen et la fin. Lorsque nous avons à mettre signe au pluriel, nous parlons de mots ; lorsque nous avons à mettre outils au pluriel, nous parlons d’outillage ou d’éléments d’outillage : les ustensiles.

Dans l’ustensile, vous avez à la fois ce que c’est ainsi que son mode d’emploi. De la sorte, une scie, ce n’est pas simplement du fer et du bois (ou du plastique). C’est cela aussi, mais fer et bois sont disposés de telle façon que l’ensemble correspond à une certaine tâche. Autrement dit, c’est exactement comme dans l’outillage pharmaceutique : il y a la composition chimique (ce qu’est le médicament) et la posologie (le mode d’emploi). Dites-vous bien que tout outillage comporte l’un et l’autre nécessairement. C’est en fait bigrement compliqué, parce que épouvantablement abstrait : quand un chimpanzé tombe sur un médicament,  jamais il ne lui viendra à l’idée que ce médicament sert à soigner ! De même que s’il tombe sur une paire de lunettes, jamais il ne lui viendra à l’idée que ces lunettes servent à voir clair (il les chaussera peut-être, mais seulement s’il vous a vu le faire). Et si le même chimpanzé tombe sur un marteau, ce marteau sera pour lui, de l’objet, mais pour nous c’est à la fois un objet en fer et en bois ainsi qu’un engin pour frapper. Bref,  de même que le médicament est un « pour-soigner », la paire de lunettes est un « pour-voir », le marteau, un « pour-frapper », la scie un « pour-scier », etc. En conséquence, si quelqu’un vous tend une scie, vous ne la prendrez pas par la lame ! Tendez-la à un singe ou à un malade atechnique, tous deux la prendront par n’importe quel bout. Autrement dit, pour l’atechnique comme pour le singe, il y  a de la chose, du « machin », sans aucun programme. C’est exactement analogue à ce qui se passe chez l’aphasique : il reste à l’aphasique quelques mots dont il ne sait pas quoi faire, qui l’encombrent, qu’il emploie dans le désordre, puisqu’il ne peut plus les adapter. En un mot, l’apraxie n’est pas l’atechnie, qui, elle,  suppose l’analyse du moyen et l’analyse de la fin.

L’analyse du moyen aboutit à transformer la matière en matériau. Prenez le cuivre, par exemple, j’entends la matière cuivre : elle peut donner lieu à différents matériaux, selon son mode d’emploi (matériau et mode d’emploi sont vous le voyez indissociables). La matière (ce qu’elle est) ne devient matériau que par son usage (mode d’emploi) possible.  Dans ces conditions la matière cuivre peut être utilisée comme matériau en raison de ses capacités thermiques (pour fabriquer des casseroles), vibratoires (pour fabriquer des trompettes), conductrices (pour fabriquer des fils électriques), etc. Autrement dit, le même matériau entre dans plusieurs éléments d’outillage possibles. Vous voyez, là encore quel degré d’abstraction il faut atteindre !!

De plus, pour que ce « pour-faire » qu’est l’outil (comme le signe est un « pour-dire ») en soit réellement un, il faut que l’outil, pour transformer le monde, soit appliqué à quelque chose : il ne s’agit plus, ici, de fabrication, mais de production (dans un sens qui n’a rien à voir avec le sens marxiste, sens qui, lui,  est purement socio-économique). La production se définit comme le processus qui, réinvestissant l’outil dans le monde, le transforme, le produit, c’est-à-dire, fait de l’univers notre ouvrage. Et de même que, s’agissant de la fabrication la même matière peut être transformée en plusieurs matériaux, s’agissant de la production, la même fin peut être appareillée différemment. Pour nous déplacer, nous avons nos jambes, le cheval, la bicyclette, l’automobile, etc. Ainsi, vous voyez que l’outil est à la fois fabrication et production.

Je ne pousserai pas plus loin le modèle de la rationalité technique, car vous avez déjà certainement compris qu’il est absolument ridicule de privilégier le logos : le tropos (le tour de main) est aussi abstrait que le logos, mais sur un autre plan que celui du logos. En réalité, la manœuvre (ou la manipulation) est aussi abstraite que le raisonnement. Vous savez que, si l’abstraction est une,  elle se diffracte sur les quatre plans de rationalité que permet d’isoler la clinique.

Mais, si vous acceptez - ce que même les philosophes n’ont jamais contesté -, que la raison est une, il est bien évident que l’Homo faber a émergé en même temps à l’abstraction verbale, c’est-à-dire au langage, au logos, disons à la pensée. L’Homo faber et l’Homo sapiens, c’est absolument le même homme. Vous voyez l’absurdité qui consiste à les ordonner dans une quelconque évolution. Autrement dit, lorsque vous trouvez, auprès d’un squelette congelé, le moindre bout de silex taillé, le moindre morceau de vêtement, etc., vous pouvez être sûr que l’homme dont vous avez les os sous les yeux, non seulement parlait, mais argumentait comme vous et moi (et j’ajouterai, la raison étant une, que cet homme avait émergé à la rationalité sociale et à la rationalité morale). Bref, il n’y a que dans la tête de  paléontologues égarés comme Leroi-Gourhan et de quelques rares autres encore aujourd’hui, que l’Homo faber a précédé l’Homo sapiens (ou l’Homo socius et l’Homo ethicus). Et que dire de cette invention récente de l’Homo erectus dont on vous raconte qu’il serait né il y a quelque quatre cent cinquante mille ans et qu’il aurait domestiqué le feu ? Mais si la domestication du feu est bien une opération technique, ce qui n’est guère contestable non plus, il est évident que cet Homo erectus a dû nécessairement être en même temps et faber et sapiens, ou bien il n’était pas Homo !

En somme, on peut s’amuser à remonter dans le passé aussi loin que l’on veut, voire au père Adam, l’Homo est Homo ou bien n’est pas. Avant l’homme, ce n’est pas l’homme, c’est-à-dire que l’homme n’a pas assisté à sa propre naissance : le père Adam, c’est chacun de nous lorsque nous venons au monde (à ce titre, il faut bien considérer que le concept d’ « hominisation » est un concept complètement bidon). Vous voyez, une fois de plus, la vanité des pseudo explications par l’origine qui font florès encore aujourd’hui dans la mesure où, en ce début de troisième millénaire, nous sommes toujours les victimes de l’historicisme du XIXème. Voilà ce dont il faut absolument se débarrasser pour élaborer un modèle scientifique de l’homme, et, notamment un modèle scientifique d’une rationalité technique qui, comme la rationalité verbale, est hors du temps.

Il est sûr que nous n’y arriverons qu’au prix d’un immense effort, tant nous avons d’obstacles épistémologiques à surmonter ! Rendez-vous compte : nous devons nous débarrasser et de notre historicisme, et de notre logocentrisme.

S’agissant de l’historicisme, dont je viens de vous parler, l’effort à faire est relativement aisé, dans la mesure où, comme je viens de vous le dire, il ne date que du XIXème. Nous n’aurons sans doute pas trop de mal à comprendre que, techniquement, la main de l’Homo faber était exactement la même que la nôtre, elle était aussi « intelligente » que la nôtre, c’est-à-dire que ce que nous avons en commun l’Homo faber et nous, c’est que nous avons une main qui n’est pas une patte, ni plus, ni moins.

S’agissant du logocentrisme l’effort que nous avons à fournir est absolument colossal, en raison de ce logocentrisme dont je vous ai parlé, et qui nous vient de très loin. J’ajouterai simplement, ici, que, pour un Français, l’effort sera redoublé, parce qu’il s’agira de passer du « Je pense, donc je suis » cartésien (qui n’est, soit dit en passant, qu’une sottise), à un « Je fais, donc je suis » (qui n’est jamais qu’une contre-sottise) ! C’est, dans l’ordre de ce que les philosophes appellent l’épistêmê, plus qu’une révolution : une véritable mutation !

Voilà l’essentiel de ce que je voulais vous raconter sur notre sujet. Mais avant de nous quitter, permettez-moi de compléter, à la lumière de ces quelques réflexions, ce que je vous ai dit de l’Art, dans « L’imposture de l’esthétique », d’une part, et, d’autre part, ce que je vous ai dit sur l’écriture du concept.

S’agissant de l’Art, il est bien entendu que le plan sur lequel il se définit est le plan de la rationalité technique. Mais, me direz-vous peut-être, si le marteau est un « pour-frapper », la voiture un « pour-véhiculer », etc., l’Art est un « pour-quoi » ? Ici  il y a quelque chose que beaucoup ont flairé : il s’agit du rapport de l’Art et du jeu. Mais toutes les études portant sur le sujet sont vaines parce que, tout simplement, on n’y trouve absolument aucune définition du jeu. Le jeu, c’est comme le langage : tout le monde sait bien de quoi il s’agit. Après cela, il n’y a plus qu’à tirer l’échelle ! C’est comme si vous disiez : « L’homme, je sais bien ce que c’est puisque j’en suis un ! ». Faute de définition, certains, ont poussé la stupidité jusqu’à inventer un Homo ludens !  Sans aller jusqu’à cette absurdité, la plupart des traités sur le concept d’Art vous disent qu’il s’agit d’une « activité ludique », définie elle-même comme une « activité sans besoin ». Mais il est évident que le jeu correspond à un besoin, ne serait-ce que le besoin de se distraire. De plus, la définition de l’Art comme « activité sans besoin » n’est pas loin de la définition philosophique du Beau : « le Beau est une finalité sans fin », car lorsque ces philosophes parlent de « fin », ils ne distinguent pas le but et le besoin. C’est cette même confusion qui s’exprime dans la distinction de « l’utile et de l’agréable », ce qui est une façon de dire que les pommes de Cézanne ne se croquent pas. Vous comprenez l’opposition naïve, mais sur laquelle on vit toujours dans l’organisation même de nos études, entre les « Beaux-Arts » et les « Arts-et-Métiers » : c’est l’opposition de l’artiste et de l’artisan (alors que l’artiste n’est qu’un type d’artisan particulier). Dans la mentalité qui est issue de notre Renaissance est artiste celui qui fait quelque chose qui ne sert à rien… Bon. J’arrête ici le catalogue des inepties. Restons sérieux. Comment définir le jeu ?

Si l’on considère l’ensemble du vivant, on constate qu’à la différence du végétal, l’animal, parce qu’il est doté d’une corporéité, en grec ancien d’un « sôma » (mot qui désigne un être animé, qu’il soit homme ou animal), accède à une sorte d’autonomie, ou « auto-cinèse » du vivant, qui fait qu’il n’est jamais totalement dépendant de son environnement : il peut avoir des représentations sans stimuli (le rêve, par exemple), des agitations sans mobiles, des vouloirs sans besoin (autrement dit des caprices) etc. Ce n’est pas pour autant que l’on peut parler de « jeux » chez les animaux, tout simplement parce que le jeu suppose l’émergence au rationnel : il y a toujours, chez l’humain ce que l’on appelle des « règles du jeu ». Ainsi, le jeu, c’est l’auto-cinèse du rationnel, c’est-à-dire cette caractéristique particulière du rationnel qui fait qu’il peut fonctionner spontanément, sans dépendance à l’égard du milieu et de ses urgences. Si bien qu’il faut considérer que, même quand il travaille  qu’il sculpte, qu’il pense ou fasse des mathématiques, l’homme  ne cesse de jouer (vous voyez, ici encore, soit dit en passant, l’immense illusion qui consiste à rapporter le jeu à l’enfant).

Nous sommes en mesure, désormais, de compléter la définition de l’Art que je vous ai proposée il y a quelque temps : l’Art est l’auto-cinèse de la rationalité technique, quand cette rationalité technique privilégie la visée endocentrique du réinvestissement industriel. Cette définition vous permet de saisir, notamment, que l’artiste est tout simplement un artisan spécialisé. Autrement dit, le génie n’existe pas, ou alors il faut dire que le génie, c’est cinq pour cent d’aptitude et quatre-vingt quinze pour cent de travail. De plus, la définition que je vous propose, désormais, a l’avantage de ne faire intervenir ni le langage, ni l’histoire, autrement dit nous débarrasse du logocentrisme ainsi que de l’historicisme.

S’agissant, maintenant de l’écriture du concept, nous avons vu que lorsqu’il s’agissait du concept mythique, cette écriture était surtout liée à la mémoire (mémoire des peuples ou mémoire des individus). Mais lorsqu’il s’agit du concept scientifique les mathématiques, par exemple, on ne peut plus parler d’archivage. Pourquoi ? Tout simplement parce que, dans le cas des mathématiques, l’écriture est programme c’est-à-dire que c’est le modèle formel qui impose sa cohérence et sa logique. Dans ce cas écrire c’est un peu, si vous voulez piloter un  Boeing : vous ne vous préoccupez plus d’aller, votre attention est dirigée sur le tableau de bord, c’est-à-dire qu’elle se trouve déplacée de la cible visée à l’économie d’un parcours programmé. Le voyage se ramène, pour vous, à une « check-list ». Eh bien, dans l’écriture mathématique, c’est le chiffre, le symbole algébrique ou le schéma qui peuvent être considérés comme l’équivalent du « checking » effectué par le pilote. Je dirais que les mathématiques, c’est le passage à la limite d’une écriture exclusivement programmatique. Mais, et voilà le paradoxe, cette écriture-là nous fait penser plus puissamment que si nous comptions sur nos dix doigts. En nous dispensant de penser, l’écriture produit de la pensée, c’est-à-dire que c’est de la pensée sans penseur, en quelque sorte, ou encore de la « cogitatio caeca » (de la « pensée aveugle »), comme le disait Leibniz, qui fut, comme vous le savez, après Pascal, l’inventeur d’une machine à calculer). Mais, après tout, le paradoxe se retrouve dans tous les domaines de la technique : de même que l’automobile, en nous dispensant de marcher, nous fait aller plus vite, de même, en mettant notre esprit au repos, l’écriture nous fait penser plus puissamment. Rien d’extraordinaire ! Pensez encore à l’écriture musicale. Pensez-vous que Mozart aurait pu exister sans l’invention, vers le XIIIème siècle, de l’écriture musicale ?

Cela dit, toute écriture est, en général,  à la fois mémoire (technicisée) et programme (ou « légende », comme je vous le disais), si bien que c’est une erreur, elle aussi colossale, que de lier l’écriture qu’à la seule mémoire, comme le fait presque tout le monde. En réalité, toute écriture, c’est-à-dire tout langage appareillé soit naturellement (la voix, la danse), soit culturellement (la plume d’oie, l’ordinateur) est autant, sinon plus, programme que mémoire. C’est un fait que vous avez certainement remarqué : dans la mesure où il n’y a pas de pensée sans langage, l’appareillage du langage présente cette propriété particulière de nous faire penser autrement, et, surtout, plus efficacement : c’est particulièrement manifeste dans la technicisation du langage par l’outil. On peut dire, dans ce cas que l’écriture surmultiplie notre mémoire et, surtout, notre créativité.  Vous voyez, dès lors que l’ordinateur, qui ne pense pas, comme nous l’avons vu, mais qui est aussi mémoire et programme, produit de la pensée avec une efficacité absolument invraisemblable.

Si vous voulez, nous pouvons considérer que cet outil qu’est la plume d’oie est à cet instrument naturel qu’est notre « appareil » phonatoire  ce que, dans l’ordre du déplacement, l’automobile est à nos jambes. Eh bien, l’ordinateur, lui, est à la plume d’oie, ce que la fusée interplanétaire est à l’automobile ! A fortiori, vous voyez quel fantastique écart dans l’efficacité il peut y avoir entre l’ordinateur et notre « appareil » phonatoire : c’est exactement le même écart que celui qui existe, dans l’ordre du déplacement, entre la fusée interplanétaire et nos jambes ! Dans ces conditions, vive l’ordinateur qui, demain, en nous dispensant de penser, paradoxalement, nous fera penser avec une efficacité merveilleuse, et peut-être même en nous passant de notre écriture actuelle !

Ce jour-là (qui n’est pas très éloigné, soyez-en sûr !) règlera définitivement le problème de l’illettrisme, du moins cette forme d’illettrisme que nous connaissons depuis l’invention de l’imprimerie. Eh oui ! Nous sommes en train de changer de galaxie : l’illettrisme de demain n’aura plus rien à voir avec le nôtre. C’est pourquoi il ne faut pas trop s’inquiéter de l’analphabétisme qui sévit aujourd’hui, du moins en France.

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